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Efficience cognitive et état de flow 🎯 : une autre voie vers la performance

Performance, efficience, flow : et si le vrai enjeu était ailleurs ?

Pendant longtemps, j’ai cru que la vraie question était celle de la performance.

Comment obtenir de meilleurs résultats ? Comment progresser plus vite ? Comment devenir plus efficace dans ce que l’on fait ? Cette recherche m’a habité très tôt, avec tout ce qu’elle peut contenir d’élan, d’exigence, de goût pour le dépassement de soi, mais aussi de tension et de stress.

J’ai découvert cet univers à travers les arts martiaux. À 17 ans, j’ai été champion de France de Nunchaku. Ensuite, pendant de nombreuses années, je suis devenu une dizaine de fois champion de France et membre de l’équipe de France de Jodo, un art martial japonais qui met en jeu un bâton face à un sabre. Plus tard, cette même dynamique m’a conduit vers la pensée visuelle, avec les championnats de mind mapping, jusqu’à devenir Champion de France puis Champion du Monde.
Souvenir des championnats du monde avec Tony Buzan
Avec le recul, je vois bien que ce parcours raconte quelque chose de mon tempérament. J’aimais progresser, comprendre, m’entraîner, affiner un geste, chercher la maîtrise. J’aimais cette intensité particulière que l’on rencontre quand on se sent pleinement engagé dans une discipline.

Mais il y avait un autre versant, beaucoup moins lumineux.

À l’école, je n’avais pas du tout ce même niveau de réussite. Et je ne vivais pas cela comme un simple écart de résultats. C’était une vraie souffrance. Je voyais bien que, dans certains contextes, j’étais capable de discipline, de concentration et de progression, alors que dans d’autres, quelque chose ne prenait pas. Et je ne comprenais pas pourquoi.

J’ai retrouvé plus tard ce même décalage dans ma vie professionnelle, lorsque j’étais salarié. Là encore, je n’étais pas particulièrement brillant. J’étais un employé moyen, sans plaisir dans ce que je faisais, sans cette sensation d’être à ma place et d’exprimer quelque chose de moi. Ce contraste m’a longtemps travaillé : pourquoi certaines situations semblaient réveiller le meilleur de moi-même, alors que d’autres me laissaient dans une forme d’inertie ou d’empêchement ?

C’est sans doute là que ma recherche a vraiment commencé.

Au départ, je me suis intéressé à l’efficacité. Je voulais comprendre comment atteindre un objectif, comment obtenir un résultat, comment faire mieux. Puis ma réflexion s’est affinée. J’ai commencé à observer que deux personnes pouvaient parvenir à un résultat proche sans mobiliser la même quantité d’énergie, de temps, d’attention ou d’effort intérieur. Cette observation m’a conduit vers la notion d’efficience, puis plus tard vers celle d’efficience cognitive.

Je n’ai pas exploré ces notions depuis un bureau, de manière purement théorique. Je les ai cherchées dans l’expérience. Dans la pratique martiale. Dans l’entraînement. Dans la facilitation graphique, le mind mapping, le sketchnote. Dans tous ces moments où, soudain, quelque chose s’aligne. L’attention devient plus stable. Le geste devient plus juste. L’action gagne en fluidité. On sent que l’on accède à une qualité de présence particulière.

C’est ce qui m’a amené, progressivement, à m’intéresser à l’état de flow.

Un état dans lequel l’on se sent à la fois intensément présent, profondément absorbé et étrangement disponible. Un état où les choses semblent demander moins de friction, où l’on pense plus clairement, où l’on agit avec plus de cohérence, et où la performance cesse d’être une obsession et un but en soi pour devenir souvent une conséquence.

De l’efficacité à l’efficience cognitive

Le vocabulaire de l'action
Au fil de ce parcours, j’ai peu à peu compris qu’il fallait distinguer plusieurs notions que l’on mélange souvent : 
- l’efficacité, 
- l’efficience, 
- la performance 
- et, dans mon activité d'aujourd'hui, l’efficience cognitive.

L’efficacité, au fond, est assez simple à définir. C’est la capacité à atteindre un objectif. Je me fixe un but, je mets en place une série d’actions, puis j’observe le résultat. Si le but est atteint, alors je peux dire que j’ai été efficace.

L’efficience ajoute une nuance essentielle. Elle ne regarde pas seulement si l’objectif a été atteint, mais aussi la manière dont il l’a été. Avec combien de temps ? Avec quelle dépense d’énergie ? Avec quelle quantité d’attention mobilisée ? Avec quel coût visible ou invisible ? Deux personnes peuvent arriver au même résultat, tout en ayant consommé des ressources très différentes.

C’est là que cette notion devient précieuse. Elle déplace le regard. Elle nous invite à ne plus juger seulement ce qui est produit, mais aussi l’état à partir duquel cela est produit.

On peut être efficace sans être efficient. On peut obtenir des résultats tout en se dispersant, en s’épuisant, en se mettant sous tension permanente. On peut aussi confondre performance et santé, réussite et alignement.

La performance, justement, mérite elle aussi d’être clarifiée. Elle renvoie en général au niveau de résultat atteint, souvent dans une logique de comparaison, de dépassement ou d’évaluation. Elle peut être stimulante. Elle peut pousser à progresser. Mais elle peut aussi devenir un piège lorsqu’elle occupe toute la place.
Attention au piège de la recherche de performance !
Cyril Maitre
Le mot cognitif renvoie à tout ce qui touche à la connaissance, à l’information, à l’apprentissage, à la compréhension, à l’attention, à la mémoire, à la prise de décision. Lire, écouter, comprendre, trier, relier, retenir, choisir, se concentrer, produire une idée claire : tout cela relève du domaine cognitif.

Parler d’efficience cognitive, c’est donc se demander comment aider le cerveau à traiter l’information de manière plus juste, plus claire et plus économique. Comment comprendre plus vite sans survoler. Comment retenir sans forcer inutilement. Comment mobiliser son attention sans la gaspiller. Comment réduire la friction mentale qui accompagne si souvent les tâches du quotidien.

J’insiste sur un point essentiel : l’efficience ne signifie pas l’absence d’effort. Comme si être efficient consistait à tout faire sans travail, sans engagement, sans discipline. Ce n’est pas ce que j’observe. L’efficience, c’est plutôt la recherche de l’effort juste. Celui qui sert réellement l’action. Celui qui n’ajoute pas de tension inutile. Celui qui permet un maximum de résultat avec un minimum de déperdition.

Autrement dit, il ne s’agit pas de fuir l’intensité. Il s’agit d’éviter le gaspillage et la dispersion.

Et c’est précisément là que le flow entre en scène.

À force d’observer les moments où je me sentais particulièrement juste, engagé et clair, j’ai fini par reconnaître un état particulier. Un état dans lequel l’attention se rassemble, où la perception devient plus nette, où l’action se déroule avec davantage de continuité. L’effort est toujours là, mais il change de nature. Il devient plus naturel et bien plus agréable.

C’est cela que beaucoup de personnes désignent par le mot flow : un état de concentration fluide, de présence intense, d’immersion dans l’action. Un moment où l’on n’est plus en train de se battre contre soi-même à chaque seconde. Un moment où une part de résistance intérieure s’apaise et où l’on peut enfin vraiment mobiliser ses ressources.

Ce que mes expériences m’ont appris sur l’efficience réelle

Avec le temps, j’ai remarqué que les moments où je me sentais vraiment efficient ne relevaient pas du hasard. Ils apparaissaient dans des contextes très différents, mais reposaient souvent sur les mêmes conditions.

J’en ai tiré une conviction simple : l’efficience, et plus encore l’efficience cognitive, ne se décrète pas. Elle émerge plus facilement lorsqu’un certain terrain est réuni.
Les éléments pour faire émerger l'efficience cognitive
Cyril Maitre
Le premier élément, c’est la clarté du but.

Cela peut sembler évident, et pourtant c’est l’un des points les plus négligés. Beaucoup de personnes veulent avancer, produire, réussir, être plus performantes, sans avoir vraiment clarifié ce qu’elles cherchent. Elles se mettent en mouvement avec une intention floue. Elles ont de l’énergie, parfois beaucoup, mais cette énergie n’est pas orientée avec précision.

J’aime bien l’image du GPS pour parler de cela. On peut avoir le meilleur véhicule, la meilleure carte, le meilleur système de navigation du monde ; si la destination n’est pas clairement entrée, on partira bien quelque part, mais pas forcément là où l’on veut aller. Une grande partie de la dispersion mentale vient de là.

Dans mes propres expériences, chaque fois que le but était précis, quelque chose se mettait déjà en ordre. L’attention cessait de se répandre dans tous les sens. Le corps, l’esprit, la perception semblaient converger plus naturellement.

Le deuxième élément, c’est le niveau de compétence.

Quand une compétence est encore fragile, une grande partie de notre attention est mobilisée par le simple fait d’exécuter correctement l’action. On doit penser aux étapes, surveiller les détails, corriger en permanence. Cela demande beaucoup de ressources mentales.

L’exemple de la conduite est parlant. Tant qu’on apprend à conduire, on doit gérer consciemment les pédales, le regard, la trajectoire, la signalisation, la coordination générale. On peut réussir à conduire, mais cela consomme énormément d’attention. En revanche, lorsque la conduite est intégrée, une partie du processus se déroule sans effort conscient. L’attention peut alors se déplacer vers l’environnement, l’anticipation, la qualité de présence à la route elle-même.

Je crois que c’est un point essentiel. Plus une compétence est intégrée, plus elle libère de l’espace mental. Et cet espace mental change tout.

Dans les arts martiaux, c’est très net. Tant que le geste est encore en cours d’apprentissage, on reste absorbé par sa mécanique. Lorsqu’il est suffisamment incorporé, il devient disponible pour autre chose : l’intention, le timing, la relation, la perception globale de la situation.

J’ai retrouvé exactement le même phénomène en pensée visuelle. Tant que l’on cherche encore comment structurer sa page, comment dessiner, comment hiérarchiser les informations, une part importante de l’attention reste coincée dans la technique. Quand ces bases deviennent plus naturelles, quelque chose s’ouvre. On peut enfin écouter vraiment, sentir la structure profonde de ce qui se dit, capter l’essentiel avec plus de netteté.

C’est à cet endroit qu’intervient le troisième élément : une forme de disponibilité mentale.

Je parle d’un état dans lequel l’esprit cesse d’être encombré par des tensions inutiles, des micro-hésitations permanentes ou une surcharge d’attention dispersée. Une part de clarté apparaît. Une part de silence aussi. Et dans cet espace-là, l’action devient souvent plus juste et parait plus facile.

C’est ce terrain qui favorise, selon moi, l’entrée dans l’état de flow.

On ne force pas vraiment le flow. On crée plutôt les conditions qui le rendent plus probable. La clarté du but donne une direction. La maîtrise de la compétence évite que toute l’attention soit capturée par l’exécution. Et lorsque ces deux éléments sont réunis, une autre qualité de présence peut émerger.

C’est dans ces moments-là que j’ai souvent eu l’impression que tout devenait plus simple. Non pas facile au sens superficiel du terme, mais simple au sens profond : moins de friction, moins de décalage intérieur, moins d’effort perdu. L’énergie ne part plus dans dix directions à la fois. Elle se rassemble et se recentre.

Le vrai basculement : chercher la performance ou chercher le flow ?

Pendant longtemps, comme beaucoup de personnes engagées dans une logique de progression, j’ai pensé que l’objectif principal était la performance.

Obtenir de meilleurs résultats. Aller plus loin. Faire mieux. Faire plus. Cette dynamique a quelque chose de profondément stimulant. Elle peut pousser à grandir, à se structurer, à se dépasser.

Mais avec le temps, j’ai aussi vu l’envers de cette logique.
Performance et flow... Et si on inversait la logique
Cyril Maitre
Lorsqu’elle devient le centre de tout, la recherche de performance finit souvent par générer une forme de tension permanente. On veut avancer, mais on se surveille sans cesse. On veut réussir, mais on s’éloigne peu à peu de ce que l’on ressent vraiment. On cherche à optimiser chaque chose, et cette obsession de l’optimisation finit par produire l’inverse de ce qu’elle promettait : plus de fatigue, plus d’insatisfaction.

C’est un piège subtil, parce qu’il peut s’accompagner de vrais résultats.
On peut être admiré, reconnu, validé, tout en vivant intérieurement dans une forme de pression continue.

Peu à peu, une autre hypothèse s’est imposée à moi : et si la performance n’était pas le meilleur point de départ ? Et si l’ordre des priorités devait être inversé ?

Pendant longtemps, j’avais envisagé le flow comme une conséquence heureuse d’un bon travail. Je cherche à être performant, j’organise mieux mes ressources, je développe mes compétences, et parfois, au passage, j’entre dans un état de flow.

Aujourd’hui, je vois les choses autrement.

Je crois qu’il est plus juste de chercher d’abord les conditions d’un état intérieur de qualité, puis de laisser la performance émerger à partir de là.

Au lieu de courir après le résultat en espérant trouver un jour plus de fluidité, il me semble plus fécond de cultiver un état de présence, de clarté et de cohérence intérieure à partir duquel l’action devient naturellement plus forte. Dans cette perspective, le flow n’est plus un bonus. Il devient un repère.

Et cette bascule ouvre une profondeur supplémentaire.

Car au fond, il est encore possible de chercher le flow comme on chercherait une technique supérieure de performance. On pourrait en faire un nouvel outil d’optimisation. Ce serait déjà plus fin que la course brutale au résultat. Mais ce n’est pas encore, à mes yeux, le dernier mot de l’histoire.

Avec le recul, j’en viens à penser que l’état de flow mérite d’être recherché pour lui-même, et pour tout ce qu’il révèle.
l’état de flow mérite d’être recherché pour lui-même
Cyril Maitre
Parce que dans cet état, il n’y a pas seulement plus de fluidité dans l’action. Il y a souvent plus de lucidité sur soi. Plus de contact avec ses vraies priorités. Plus de sensibilité à ce qui sonne juste. Plus de présence à ce que l’on fait, mais aussi à ce que l’on est.

Quand on vit trop longtemps sous le règne exclusif de la performance, on finit parfois par organiser toute sa vie autour de critères extérieurs : produire, réussir, avancer, prouver, accumuler. À l’inverse, lorsqu’on retrouve des états de présence plus profonds, quelque chose se réordonne. On ne perd pas forcément l’envie d’accomplir. On cesse simplement d’en faire un absolu.

L’humain revient au centre. C'est une démarche d'écologie personnelle.

Revenir à l’essentiel

Avec le temps, j’en suis arrivé à voir les choses autrement.

Je continue à penser que l’efficacité, l’efficience et la performance ont leur place. Elles peuvent aider à progresser, à structurer l’action, à donner une direction.

Mais je crois aussi qu’il y a une différence immense entre une performance qui naît d’un état de tension permanente et une performance qui émerge d’un état intérieur plus clair, plus stable, plus aligné.

Parce qu’au fond, la vraie question n’est peut-être pas seulement : comment faire plus, mieux, plus vite ? La vraie question pourrait être : depuis quel état intérieur suis-je en train d’agir ? Est-ce que ce que je poursuis me rapproche de moi-même, ou est-ce que cela m’en éloigne ? Est-ce que j'ai identifié mes vrais besoins ?

Plus j’avance, plus j’ai le sentiment que l’état de flow touche à quelque chose de précieux. Pas seulement parce qu’il améliore les résultats, mais parce qu’il nous remet en contact avec une forme de justesse et d'alignement. Une qualité de présence. Une manière d’être plus entier dans ce que l’on fait.

Dans cette perspective, l’efficience cognitive prend une autre couleur. Elle ne devient plus simplement une manière d’optimiser ses ressources mentales. Elle devient une manière de réduire le bruit, la dispersion et la friction inutile, pour retrouver un rapport plus simple, plus fluide et plus habité à l’action.

Et toi, qu’est-ce que cet article réveille chez toi ?

Est-ce que tu t’es déjà reconnu dans cette recherche de performance, avec tout ce qu’elle peut avoir de stimulant, mais aussi de coûteux intérieurement ?

Tu peux me le partager en commentaire.

Et si ce sujet t’intéresse, dis-moi aussi si tu aimerais que j’aborde la suite dans un angle plus concret : comment je m’entraîne, au quotidien, à favoriser cet état de flow, de clarté mentale et de présence.

Au plaisir de lire tes retours...

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Vos réactions (1)

Merci Cyril pour cet article passionnant. Et oui, ça m'intéresserait de savoir comment tu t'entraînes au quotidien pour favoriser cet état de flow, de clarté mentale et de présence.

par Stefou369 , il y a 3 jours

Merci Stefou369 pour ton commentaire. Je prépare une série de contenu sur le sujet. Je pense même lancer un programme complet...

par Cyril , il y a 19 heures
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